Le Bilan n’est pas si rose
Si la Ville de Lille a vu ces dernières années sa notoriété s’accroitre de façon spectaculaire, ce dont nous nous réjouissons, elle le doit surtout aux succès d’Euralille et de Lille 2004 capitale européenne de la culture et donc aux succès de Pierre Mauroy, visionnaire, et de l’autre visionnaire qu’est pour la métropole le comité Grand Lille qui rassemble élus et société civile.
Si l’on veut regarder la situation de plus près elle est plus terne, plus grise, rien avoir avec les paillettes de 2004.
Martine Aubry a l’habitude de procéder par affirmations et manifeste souvent des entêtements dommageables. La réalité est tout autre et les faits sont têtus :
Nous nous sommes astreints à un relevé des promesses de l’équipe sortante : beaucoup d’échecs sur des domaines essentiels et dans les quartiers plus de 110 promesses non tenues.
Quelques exemples dont chacun peut prendre conscience en se baladant en ville :
· Une circulation impossible malgré l’augmentation des transports en commun
· Une propreté très discutable par un manque de coordination entre la communauté urbaine et la ville : 2 sociétés pour un nettoyage désastreux
· Une ville ou la fracture sociale s’est creusée alors qu’il avait été promis la réhabilitation des courées l’aménagement des quartiers des boulevards de la Moselle et de Lorraine, ou est le permis de louer déjà adopté par 5 villes de LMCU
La restructuration des quartiers sud est due avant tout à la volonté de JL Borloo et de l’ANRU qui sans son concours n’aurait pu voir le jour.
Il est d’ailleurs curieux de voir cette opération comme tout l’aspect logement à la fois dans le bilan et dans le programme.
· Si deux parcs ont été réalisés ou sont les multiples fontaines et le plan lumière promis en 2001 ?
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Les deux échecs les plus cruels sont à l’évidence l’emploi et le grand stade du Losc
Alors qu’on aurait pu attendre d’un ancien ministre de l’emploi et ancien DGA de Pechiney des résultats spectaculaires. L’emploi salarié du secteur privé a reculé de 0,8 s entre 2001 et 2007 alors qu’il augmentait partout ailleurs. Une seule zone en véritable extension Eurasanté dont la paternité doit être partagée avec la communauté et le dynamisme avec les entreprises (ex Bayer), Euratechnologie est une bonne idée qu’il faut bien sûr soutenir mais les résultats sont pour le moment maigres (150 emplois). Ces zones ne correspondent que très peu aux attentes des lillois et en particulier des plus fragiles en matière d’emploi.
Les PME ne se sentent pas soutenues, la zone franche n’est pas suivie. MA est vice président de LMCU chargée du développement économique mais l’agglomération a vu son chômage augmenter entre 2001 et 2006 de 0,4% alors que dans les 2/3 des agglomérations il reculait.
La maison de l’emploi à Lille est partiellement inefficace et s’adresse surtout à l’insertion
La ville s’est progressivement coupée du Losc de ses dirigeants et de ses supporteurs,
Par son entêtement, le Maire sortant a fait perdre au moins 6 ans un projet de stade dont le LOSC a besoin. Comment peut-on imaginer une métropole qui se dit européenne contrainte d’aller faire jouer en coupe d’Europe son équipe à Lens ou à Paris. Et pourtant cet entêtement a couté à la ville de Lille et au contribuable lillois 9M€ de frais d’études et de justice.
Au plan financier la situation est tout aussi fragile :
Seul bon point la diminution relative de la dette -2.9% mais qui reste pour 2006 encore supérieure à la moyenne hors Paris ( 2214€/hab. contre 1847) et une bonne gestion dynamique de la dette.
Le remboursement de la dette en capital ne s’éteint que lentement et Lille a emprunté 115 M€ entre 2002 et 2004
Des points noirs
La fiscalité, au delà de ce que dit MA, le taux de la taxe d’habitation est exorbitant 33,98 en 2006, 33,55 en 2008.
Si les taxes par habitant sont relativement similaires aux communes de la même strate 449 € / hab. à Lille contre 446 en 2006, seul 1 Lillois sur deux paie cet impôt, ceux qui ne sont pas exonérés paient deux fois plus qu’ailleurs.
Les dépenses de fonctionnement augmentent plus vite que les dépenses d’investissement qui restent très inférieures à la moyenne nationale ‘ (1099/1423)
La part des frais de personnel (58% des dépenses de fonctionnement) est très élevée par rapport à la moyenne +10% pour un service très moyen.
On enregistre de très nombreux doublons avec LMCU
Lille n’a plus de marges de manœuvres financières car les investissements prévus et annoncés à grand renfort de publicité ne sont pas financés :
Le montant des autorisations de programme votés est, pour les années à venir au delà de 2008, de 347,695M€, les recettes prévues pour les mêmes années sont de 51,240M€. Il est raisonnable de prévoir la réalisation de ces programmes et leur concrétisation en crédit de paiement en 6 ans (ou alors il s’agit de promesses de dupes) soit 296,455 M€ à financer soit 49,40 M€ par an.
Le rythme annuel des investissements est de 44 M€, ce qui signifie que la municipalité peut financer ses engagements anciens sans augmenter les impôts et l’emprunt.
Comment MA peut financer ces promesses électorales qu’elle chiffre elle même à 80M€ par an ?
La recette de la vente de Créatis soit 55 Me a répartir sur 6 ans soit 9,1Me par an,
Les recettes du casino en moyenne : 10 M€ par an compte tenu du démarrage.
Une augmentation des bases soit :2 M€ par an
Soit un total de 21 M€ par an et une impasse de 59 M€ qu’il lui faudra financer par l’impôt ou l’emprunt.